Que sommes-nous devenus ? Qu'avons-nous fait ? Qu'est-ce que je t'ai fait ? Qu'as-tu fait de moi ? Je me demande encore où est-ce que l'on s'est
perdu ... Jamais je n'aurais cru qu'on en arriverais là. Que ton sourire si doux se transformerait en ce rictus cruel devant ma douleur, devant moi. Qu'avons-nous fait ? Pourquoi cette idylle, ce bonheur parfait s'est-il muté en un enfer personnel où chacun de tes souffles me rappellent nos moments de fusions, et ouvre en moi un abîme géant. Tu as été tout pour moi, et maintenant tu t'en vas, tu me laisses là, le c½ur à genoux. Tu me laisses là, en me regardant me tordre de douleur, à m'arracher la voix, à te supplier de rester car sans toi, je ne suis rien. Je ne suis rien. Ignoble. Tu m'as tout donné, tu m'as fait croire aux mille et une nuits, tu m'as promis ton être, tu m'as donné ton amour et tu m'as retiré tout cela, sans aucun remords. Regarde-moi, je ne suis plus qu'un insecte à tes pieds. Ecrase-moi. Mais non. Lâche, ton orgueil apprécie trop de me voir ainsi. C'est ça le viol. Le viol moderne. Pourquoi as-tu fait ça. Je t'aurais tout donné, pas seulement moi, rien n'avait de limite si c'était pour toi. J'aurais tout fait et tu m'as détruite. Quelle idiote j'ai été, en fin de compte, quelle naïve. J'ai cru voir en toi, ce que je voulais y voir. L'amour c'est la victoire de imagination sur l'intelligence. Tes talents d'acteurs ne sont en rien dans cette victoire, c'est juste mon cerveau de femme qui m'a trahie. Je ris. Tu n'es en rien dans ma chute, je m'y suis précipitée seule. Ce que tu crois être ton ½uvre n'est en réalité que de ma main. J'ai créé cette situation de toute pièce, tu n'es juste un pion qui croit être le roi, le vainqueur. Je suis instigatrice de ce drame, je suis le pendu qui pousse le tabouret et toi, toi tu n'es qu'un spectateur qui croit être l'acteur principal. Idiot. C'est moi qui saute du dernier étage, pas toi qui me pousse. Je ne suis plus la victime, je suis le
bourreau.
© Lou *